On parle de plus en plus des énergies renouvelables, mais le secteur du bâtiment les intègre-t-il dans ses projets ? Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) a fait le point* sur leur prise en compte dans le bâtiment, notamment grâce à un indicateur principal, le Cep, qui mesure la quantité d’énergie consommée.

 

Comment sont prises en compte les énergies renouvelables dans le bâtiment ?

La RT 2012 régit les seuils de performances obligatoires des bâtiments neufs. Le principal indicateur est le Cep, qui mesure la quantité d’énergie consommée. Les énergies renouvelables sont prises en compte de trois façons :

  • D’une part les énergies renouvelables permettant de réaliser des économies d’énergie. C’est le cas avec le solaire thermique et les pompes à chaleur, notamment. En effet, ces deux formes d’énergie ne sont pas importées dans le bâtiment ni exportées vers l’extérieur du bâtiment.
  • D’autre part les énergies renouvelables importées dans le bâtiment, comme le bois énergie et les réseaux de chaleur EnR. Pour se différencier des énergies fossiles, elles bénéficient d’un bonus à la consommation sous forme d’un coefficient MCges.
  • Enfin les énergies renouvelables électriques produits in situ et exportables, comme le photovoltaïque et la cogénération, qui permettent une réduction de la consommation électrique du bâtiment. 

 

Quels sont les enjeux pour ces filières ?

La France s’était engagée à atteindre 13,7 % d’énergies renouvelables en 2012 dans son énergie finale consommée. Elle s’engage à en atteindre 23 % d’ici à 2020, et 32 % à l’horizon 2030. Le bâtiment est le premier secteur consommateur d’énergie et le deuxième émetteur de gaz à effet de serre après le transport. Il utilise néanmoins déjà 14,6 % d’énergies renouvelables, dont majoritairement du bois. Le développement des énergies renouvelables constitue donc un enjeu majeur pour le bâtiment, qui possède un grand potentiel de croissance.

 

Comment faire pour augmenter la part des énergies renouvelables dans le bâtiment ?

Les énergies renouvelables sont multiples et complémentaires : biomasse, solaire bioclimatique-thermique, photovoltaïque, pompe à chaleur, géothermie, cogénération, récupération de chaleur… Toutes peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les EGS. Pour augmenter leur part dans le bâtiment, il est essentiel d’améliorer rapidement le cadre réglementaire, technique et économique. La commission Energies Renouvelables et Bâtiment du SER a retenu plusieurs mesures pour renforcer le développement de ces énergies :

  • Créer rapidement un label de performance énergétique, en particulier pour le logement collectif ;
  • Maintenir, en la simplifiant, l’obligation d’installer un conduit de fumée pour les maisons neuves possédant un chauffage électrique ;
  • Lancer les travaux de révision de la RT existante afin qu’elle soit mieux adaptée aux évolutions de la RT 2012 et pour favoriser l’atteinte des objectifs de la loi de transition énergétique (10 % du parc rénové au niveau BBC Rénovation d’ici à 2050).

Ces mesures doivent aider à atteindre deux des principaux objectifs de la France pour 2020 : 23 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique et une consommation énergétique finale diminuée de 20 % par rapport à 2012.

 

Le DERBI développe les énergies renouvelables dans le bâtiment et l’industrie

Le Pôle de Compétitivité DERBI a pour mission de développer l’innovation, la recherche, la formation, le transfert de technologies, le développement et la création d’entreprises dans le domaine des énergies renouvelables appliquées au bâtiment et à l’industrie.

Son objectif majeur est d’accélérer l’émergence de produits et de services innovants sur des marchés en fort développement portés par les directives européennes sur l’Énergie, le Grenelle de l’Environnement et le Plan Solaire Méditerranéen.

Ainsi, il a accompagné le projet PRESINOL, porté par SEMCO-ENGINEERING, pour le développement d’une ligne de fabrication de cellules photovoltaïques utilisant du silicium industriel recyclé. Ou encore le projet PALACO, porté par VERGNET ACO, pour la conception d’une pale d’éolienne innovante de 30 mètres.