Responsables d’une partie du réchauffement planétaire avec leur action néfaste sur la couche d’ozone, les fluides frigorigènes sont pointés du doigt par les pouvoirs publics. La réglementation européenne et française impose une disparition progressive des gaz fluorés selon leur PRP (Potentiel de Réchauffement Planétaire). Les fluides contenant du chlore ont été interdits et c’est au tour des hydrofluorocarbones (HFC) de laisser place à des solutions limitant l’effet de serre. Largement utilisé en climatisation, le R410A va constituer une étape importante de cette transition, tout comme les autres gaz R134A et R407C. D’autres fluides comme la réglementation sur le fluide frigorigène  R22 a été un des premiers visé afin de limiter drastiquement son utilisation. 

 

 

Fluides frigorigènes : caractéristiques du R410A

 

La crise écologique bat son plein et les gouvernements cherchent à réduire au maximum les substances nocives pour l’environnement. Qu’il s’agisse de réfrigération ou de climatisation, les fluides frigorigènes et leurs propriétés thermodynamiques permettent le fonctionnement des systèmes de refroidissement en absorbant la chaleur. Régis par le règlement européen 842/2006, les gaz fluorés sont destinés à voir leur utilisation réduite de manière drastique en fonction de leur contribution à l’effet de serre. Le fluide frigorigène R410A est un hydrofluorocarbone, dont le potentiel de réchauffement planétaire atteint 2088 (une mesure de grandeur qui se présente sans unité). Non mélangé à d’autres fluides, il a longtemps constitué une solution de remplacement pour les gaz riches en chlore, particulièrement nocifs à l’intégrité de la couche d’ozone. Il est aujourd’hui majoritairement employé pour faire fonctionner les appareils de climatisation, ainsi que différents types de chauffage comme les pompes à chaleur réversibles. 

 

 

 

Le règlement F-Gaz contre le R410A et les fluides à PRP élevé

 

Plus un fluide affiche un PRP élevé, plus il contribue à l’augmentation de l’effet de serre une fois relâché dans l’atmosphère. Comme nombre d’entre eux, le R410A n’entre plus dans les exigences de la réglementation européenne F-Gaz. Visant une utilisation de fluides frigorigènes avec un PRP moyen de 400 au 1er janvier 2030, cette dernière va donc obliger les fabricants à rechercher de nouvelles alternatives. Les gouvernements affichent une volonté forte à diminuer la contribution des solutions frigorigènes à l’effet de serre dans le secteur de la climatisation. Pour y parvenir, ils prévoient une réduction progressive des fluides à potentiel de réchauffement planétaire élevé. Outre le R410A et son PRP de 2088, on retrouve dans cette catégorie condamnée à disparaître le R404A avec 3920, le R125 avec 3400, le R407C avec 1770 et le R134a avec 1430.

La norme F-Gaz a déjà permis une baisse de 7% de la quantité de HFC mis sur le marché par rapport à l’année 2015. Autour de 35 % en 2018, les fluides au plus important PRP seront les premiers visés. Les fabricants doivent dès à présent chercher des solutions de remplacement pour faire face à un fluide frigorigène R410A de plus en plus difficile à trouver et avec un prix constamment en hausse. 

 

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R32 : le successeur du R410A

 

Plusieurs solutions alternatives ont déjà été identifiées. Il s’agit des hydrofluoroléfine ou HFO qui se montrent néanmoins toxiques ou inflammables selon leur composition. Pour le moment le R32 semble être adopté par la plupart des fabricants de climatiseurs mono et multisplit. Dans l’habitat comme le tertiaire, le R32 engendre un impact nul sur la couche d’ozone et s’avère 5 à 10 % plus performant que le R410A. À puissance identique avec ce dernier, il nécessite 20 à 30 % de fluide en moins. Pur et aisément recyclable, il doit impérativement voir son installation et sa recharge effectuées par un professionnel habilité à sa manipulation du fait de son inflammabilité. 

Avec un PRP de 675, le R32 représente un net progrès en matière de réchauffement climatique en comparaison au 2088 du R410 A. Il n’en reste pas moins plus élevé que l’objectif européen de 400 pour 2030. Il se profile donc comme une solution transitoire qui devrait disparaître à son tour au profit d’une nouvelle d’ici une dizaine d’années. Des HFO au PRP faible existent déjà, tout comme des fluides naturels de type propane, CO2 ou ammoniaque. 

Pour respecter les directives de la réglementation européenne F-Gaz, les constructeurs d’appareils de climatisation et de réfrigération cherchent des solutions au PRP bas et permettant un rendement élevé. Bien que le R410A soit difficile à remplacer dans tous ses emplois, le R32 semble destiné à lui succéder. Un fluide qui comble la majorité des espérances de chacune des parties pour le moment, mais qui à terme ne pourra pas remplir les conditions environnementales à l’horizon 2030. Vous pouvez retrouver toutes les actualités de ce secteur grâce à des magazines spécialisés comme le Génie Climatique Magazine. 

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