Depuis dix ans, Lyon Confluence poursuit sa mutation… Les dernières constructions ont livré un îlot de bâtiments mixte (habitat, tertiaire et commerce) qui produit plus d’électricité qu’il n’en consomme. Une première en France pour ce quartier durable labellisé par WWF.

 

Objectif de Confluence : zéro carbone d’ici 20 ans

Selon l’Ademe, il s’agit d’une première en France qu’un îlot mixte, c’est-à-dire composé de logements, commerces et bureaux sur une surface totale de 12800 m2 produise plus d’électricité qu’il n’en consomme.

« Une véritable innovation » selon Maxime Valentin en charge du développement durable sur Lyon Confluence : « L’îlôt Hikari (qui signifie lumière en japonais) est un démonstrateur mis en œuvre par Lyon Confluence et l’agence japonaise de l’énergie Nedo qui a donné naissance aux trois premiers bâtiments énergétiques positifs à tous usages (construits par Bouygues immobilier, NDLR). Habituellement le bénéfice des bâtiments à énergie positive ne porte que sur l’éclairage et la ventilation, ici le gain concerne l’ensemble des consommations que ce soit celle de l’ordinateur ou de la machine à laver. »

Entamé, il y a plus de dix ans, le projet urbain de 150 hectares Lyon Confluence, situé entre le Rhône et la Saône, a été labellisé quartier durable WWF France. Car l’ambition de départ est claire : obtenir un territoire zéro carbone d’ici l’horizon 2025-2030, date de fin de l’opération du projet urbain pour se placer au niveau des enjeux climatiques de la Cop 21 et réduire par quatre l’impact sur le climat. Pour y parvenir, les bâtiments neufs qui ne représentent qu’une toute petite partie du bâti sur le million de m2 devront compenser par leur bilan neutre voire positif (Bâtiment Bepos) le bilan négatif en consommation d’énergie des bâtiments déjà existants. Le surplus d’énergie sera redirigé dans l’ensemble du réseau électrique car c’est le bilan énergétique dans sa globalité qui compte.

 

Bâtiments intelligents et biodiversité

L’architecture bio climatique qui compose ces nouveaux bâtiments s’articule autour de la lumière et à la ventilation naturelle. Ces bâtiments intelligents dont les façades et toits sont recouverts de cellules photovoltaïques proposent des solutions innovantes : détecteur de présence pour savoir combien de personnes sont présentes dans la pièce pour régler la bonne ventilation, maîtrise de la consommation à distance et réutilisation de l’énergie excédentaire. L’accent a également été mis sur la végétalisation : toitures végétalisées, mais aussi des cœurs d’îlots végétalisés qui remplacent les dalles de béton. Place désormais à la biodiversité, aux arbres de hautes tiges pour favoriser l’imperméabilisation des sols. La sélection des espèces s’est faite en collaboration avec la ligue protectrice des oiseaux (LPO) pour faire revenir la faune en ville.

Une nouvelle mobilité pour « décarboner » la ville La mobilité se traite souvent à une échelle plus large que celle d’un quartier. Pour offrir un maximum d’alternative à la voiture classique, Lyon Confluence a choisi l’axe « ville marchable », en facilitant la ville au piéton : au travers de cœur d’îlots, facile, sécurisé avec des commerces de proximité. Elle a fait également le choix des transports collectifs (le tramway qui est venu sur le quartier dès 20017) ou des modes de transports alternatifs propres comme une flotte de véhicule électrique en auto-partage. Le nombre de places de stationnement sous les immeubles de Hikari a été réduit pour avoir un îlot végétal plus important. En contrepartie vient la construction d’un parking mutualisé entre l’habitat, le tertiaire et les visiteurs sur 6 niveaux, à quelques pâtés de maisons… Une tendance qui tient à se généraliser comme le confiait dans une interview à l’Observatoire, Valérie Petitbon, directrice communication, marketing et développement durable chez Bouygues Immobilier: « On est en train de voir comment mutualiser ces parkings entre logements et bureaux, sachant que les premiers ont besoin de places le soir tandis que les seconds les utilisent en journée. Cela peut modifier, à terme, la manière de concevoir les parkings d’immeubles. »

 

 

Rénovation et nouveau mode de production de chaleur

Un gros effort a également été entrepris en ce qui concerne la rénovation des co-propriétés comme le confirme Maxime Valentin : « Lorsqu’on s’attaque à la consommation, il faut appuyer les citoyens en leur apportant des conseils et des formations pour changer leur comportement, mais aussi les aider financièrement pour faciliter l’éco-rénovation ». Pour les premières constructions réalisées il y a maintenant dix ans, le point de vigilance a porté sur isolation et l’étanchéité des appartements en réduisant la consommation de chaleur par une isolation par l’extérieur, doublée par une installation de double vitrage et une ventilation à double flux (l’air extérieur est préchauffé grâce à l’air qui s’échappe). D’ici 2017, une centrale au bois va co-générer de l’électricité (chaleur renouvelable) et alimentera toute la 2e phase du projet. Les premiers logements construits, il y a une dizaine d’années seront raccordés d’ici 10 à 15 ans.

 

Une coopération internationale

Pour réussir ce pari sur l’avenir, Lyon Confluence a visité beaucoup de projets européens et a su nouer des partenariats pour des projets mutualisés avec les Pays Bas, l’Italie, L’Espagne et le Japon, Munich et Vienne. Et si l’on questionne Maxime Valentin sur une référence en la matière ? « Le quartier déjà livré Hafencity, en Allemagne est assez proche dans sa trame urbaine même si avec Hikari et la production de chaleur co-générée on est vraiment dans l’innovation. ça n’existe nulle part ailleurs. » Hikari ne coûtera pas plus cher à l’habitant, car c’est un projet promoteur avec un financement qui vient du japon. Pour booster l’économie verte, il faut être précurseur et trouver des financements européens, nationaux, régionaux et départementaux. Le consortium Lyon-Munich-Vienne vient d’ailleurs de remporter 24 millions d’euros pour poursuivre ses efforts en matière de ville intelligente et durable dans le cadre de H2020, programme européen de financement de la recherche et de l’innovation sur la période 2014-2020. Et si l’on demande à Maxime Valentin sa vision de la ville de demain ? : «  C’est celle qu’on est en train de construire avec une vision à très à long terme. Il faut penser aux usagers futurs en s’améliorant pour aller plus loin dans la qualité de vie : accès à la lumière, jardins partagés… et attirer de nouveau les habitants dans une ville plus écologique, pour lutter contre l’espacement et l’étalement urbain. »

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